Franck Guidolin

Né à Châlons sur Marne en 1972

Vit et travaille à Reims, Champagne, France

En marge des études artistiques classiques, mon parcours d’artiste s’est construit sur un mode atypique.

Après un apprentissage en peinture en bâtiment, puis en peinture décorative, je suis passé à la décoration d’intérieur où j’ai appris les matières, les textures, l’esthétique, l’harmonie des couleurs, … J’ai poursuivi quelques temps en architecture d’intérieur où j’ai étudié les volumes, les formes, les matériaux, … La rupture s’est produite à ce moment-là. Le fond m’intéressait plus que la forme et je ne me retrouvais pas dans l’aspect superficiel de cette spécialité.

Pendant ma formation, je me suis intéressé à l’histoire de l’art en autodidacte. Je piochais dans une époque, un style qui me plaisait, et je l’étudiais.
Le Minimalisme, le Bauhaus, l’Art moderne, l’Art brut, l’Art pariétal sont des périodes qui ont influencé mon travail esthétique.

Si l’étude des styles a nourrit mon goût esthétique, c’est en m’intéressant aux contextes qui entourent ces époques que m’est venue mon inspiration. L’histoire de l’art n’a aucun intérêt si elle est désolidarisée de l’humain et du carburant qu’il produit : la philosophie, la politique, la sociologie, la technologie, … tout ce qui en sort de bon et de mauvais.

Je devais faire le chemin inverse, observer mes contemporains pour en sortir une image.

La mise en œuvre fut lente.

Je devais mettre de côté mes apprentissages, utiliser mes affinités esthétiques et trouver une idée originale avec des moyens restreints. Les contraintes ne me dérangent pas, elles évitent de s’éparpiller et de se perdre.

En 2006, je crée les « Pitongrammes » et pense avoir respecté le contrat, tant dans la forme qu’en simplicité technique et sobriété esthétique. Je n’ai rien inventé, j’ai simplement actualisé mon époque en me servant de la peinture, de la gravure, de la photographie qui catalysent parfaitement mes idées et me permettent de poursuivre ma démarche artistique.

Si les grands axes de la vie sont immuables ; ma vision du monde m’appartient. Elle est le reflet d’un parcours en apparence chaotique, mais qui m’a permis de sortir des sentiers balisés et de développer une sensibilité et un regard sur le monde qui me sont propre.

Cette originalité me sert dans ma réflexion artistique, elle me dessert parfois dans d’autres contextes, mais j’accepte de vivre en marge de la normalité.



Voici ma définition préférée de l’art.

« Le vrai art », il est toujours là où on ne l’attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L’art, il déteste d’être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt. L’art est un personnage passionnément épris d’incognito. Sitôt qu’on le décèle, que quelqu’un le montre du doigt, alors il se sauve en laissant à sa place un figurant lauré qui porte sur son dos une grande pancarte où c’est marqué Art, que tout le monde asperge aussitôt de champagne et que les conférenciers promènent de ville en ville avec un anneau dans le nez.

Citation de Jean Dubuffet publiée dans le catalogue de la rétrospective de ses œuvres en 1961